Anthony Cahn, Lordissime

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Par Mihal Aaron pour Guysen Israël News

Mais qui se cache derrière le mystérieux LORD Anthony Cahn, ce jeune artiste déjà si prisé qui suscite la curiosité tant par ses œuvres que par son personnage.
Dandy tout juste trentenaire qui se targue de peindre aussi bien au son de Diam’s que de Mozart. Aujourd’hui adulé des collectionneurs; hier, taggeur chevronné, visiteur récurrent des postes de police.

Rendez-vous pris a Tel Aviv dans le lobby du palace où il séjourne. Une allure majestueuse s’approche, puis s’immobilise à ma hauteur. C’est lui… le Lord. Un beau jeune homme d’une élégance d’un autre temps, chemise blanche immaculée et souliers glacés. Tout droit sorti d’un film des années 50, un Humphrey Bogart des temps modernes. Cet autodidacte, qui s’autoproclame Professeur par esprit d’auto-dérision, a déjà plus de dix ans de bagage artistique derrière lui. Prodigieux… Une rétrospective sur une dizaine d’années de ses œuvres, de ce parcours artistique en as de pic… déjà…

Son œuvre, elle a toujours grandi en lui. Un génie, autodidacte du macadam. Pas de schéma classique, préconçu de l’étudiant classique des Beaux Arts. Son école: la ville. La meilleure école selon lui. La rue pour chevalet, les murs pour toile, une bombe à la main …il signe, marque de son prénom ces tableaux de fortune. Une volonté d’envahir l’espace public pour mieux se l’approprier.

Fin des années 80, avec ses compagnons de trouble – devenus pour certains des artistes de renom – il tag, graffe…et montent des expositions collectives.

Puis, au milieu des années 90, il est pris d’une volonté d’intrusion dans la sphère privée. Pas un virage, mais un ancrage de ses œuvres dans un espace limité comme pour en faciliter le suivi, mieux les posséder.

Il explore les matières urbaines à travers une peinture et des collages de fragments d’affiches, d’enveloppes et de vieux papiers peints qui nous laissent deviner le passage du temps et l’aspect chaotique de la vie humaine.
Souvent comparé à Raymond Hains par les galeristes et conservateurs de musées, Anthony Cahn s’exprime dans ses toiles à travers la récupération de ces matériaux qu’il pose sur la toile en surfaces mouvantes, parfois monochromes, parfois composés de bandes diversement colorées et parfois suspendus en apesanteur par l’usage de la résine.
La richesse du travail d’Anthony Cahn: une multitude de couleurs, de formes, d’écritures, de matières, de typographies, de motifs… Adepte des grands formats, peindre un grand tableau est avant tout pour lui – au-delà de l’idée de faire quelque chose de grandiose et majestueux – s’y confiner.

Sa démarche créatrice: immobilisé devant un pan de mur, il jette son dévolu sur des affiches collées, juxtaposés, retournées, déchirées, passées, érodées, abimées…une richesse pour lui, un trésor…
S’approprier à tout prix ces fresques urbaines des rues de Paris, Casablanca, Fortaleza, et désormais Tel Aviv.
La beauté de cet enchevêtrement urbain: une évidence qui a toujours accompagné ce peintre itinérant. Rapporter à tout prix cette œuvre publique – ou horreur urbaine pour d’autres – dans la sphère privée. Paradoxe qui relève d’un double et indissoluble mouvement de destruction et de création: détruire pour mieux reconstruire, comme une volonté de réhabilitation.

Pour ce qui est de sa marque de fabrique, il signe, dans un élan de grâce, le geste précis – héritage du hip hop – LORD Anthony Cahn. Un anoblissement identitaire à contre-pied, mais aussi un anoblissement des matières sublimées sous le coup de son pinceau. Ses œuvres: un subtil mélange de classicisme et d’esthétisme urbain dont il est le seul à avoir trouvé l’alchimie parfaite.

Perfectionniste, méticuleux, cette rigueur est sans doute héritée de son passage dans l’entreprise familiale au sein de laquelle il apprend avec le sens du détail la fabrication de bijoux fantaisie. Sens du raffinement qui le conduira même à monter en parallèle une entreprise de course florissante dont les clients deviendront tout naturellement des entreprises de luxe.

Aujourd’hui, comme un aboutissement, ces œuvres sont répandues aux quatre coins du monde chez des collectionneurs. Des œuvres itinérantes à l’image de leur Créateur.

Le Professeur Cahn s’est vu confier par ARTS PLUS l’une des « Femmes Héroïques » lors de l’exposition collective itinérante – débutant au Musée de l’Homme – dont l’inauguration aura lieu le 8 mars 2007 pour la journée de la Femme.

Après cela, direction Israël, où de nombreux projets l’attendent déjà.

En attendant son retour, je dois contre ma volonté quitter la voluptueuse planète Cahn et retrouver mon monde de bitume, mais cette fois ci avec un œil nouveau. En vous remerciant my Lord…

Carine KROITOROU, Relation Publique en Israël : 972 (0)52 4549828

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